La fin du monde est une fête ("Dawn of the Dead")

La fin du monde est une fête. Une libération. Une période de vacances longtemps attendues, enfin arrivées, et ce pour une durée indéterminée – quel rêve d'enfant !

 

La machine s'est enfin arrêtée. L'insupportable répétition des jours, abolie.

 

Le désordre règne et une vague de jouissance dionysiaque parcourt le monde des vivants ; qui au fond d'eux se moquent bien de l'être pour encore peu de temps.

 

La communauté ancestrale est reformée : les hommes chassent et les femmes leur préparent un festin. Les héros paradent, tout fiers d'aller tuer et mourir.

 

Si la fin du monde est la condition nécessaire pour que les monades dépressives se reconstituent en tribu – la forme la plus élémentaire et stupide de société, mais une société quand même – et pour que les villes conçues pour le malheur soient enfin désertées, abandonnées pour ce qu'elles sont, des lieux de mort, et que l'Hinterland soit repeuplé, même brièvement...

 

... alors cette fin du monde est désirable.

 

 

Un pays peuplé de zombies est lui aussi un "pays fantôme". Y compris quand ces zombies sont des zombies métaphoriques, c'est-à dire des vivants qui errent dans l'existence, hagards, avides et seuls.

Il s'agit de tuer en soi le zombi ¬ c'est à dire l'être hagard, avide et seul, même quand il est au milieu de la foule de ses semblables – pour redevenir le membre d'une tribu. La primitivité, la néo-barbarie de ces rednecks surarmés et remplis de bière n'est qu'apparente. Leur soulagement est celui de redevenir des humains après avoir été eux-mêmes des zombies.